Je pense que la Tri-X est la pellicule la plus surevaluee de l'histoire de la photographie. Elle est magnifique, oui. Mais sa reputation tient davantage aux photographes qui l'ont utilisee qu'a une quelconque superiorite inherente sur la HP5 ou la Neopan 400. Robert Frank a photographie Les Americains sur Tri-X, et Winogrand en a brule des milliers de rouleaux. La legende de la Tri-X a ete construite par ces images. La legende de la HP5 a ete construite par les tirages eux-memes.
J'ai photographie presque exclusivement en HP5 de 1994 a 2008, la chargeant dans un Leica M6 cabosse que j'ai trimballé de Saint-Cloud à Barcelone et jusqu'à Berlin. Quand j'ai commence a voyager regulierement en Europe a la fin des annees 1990, j'ai brievement bascule sur la Tri-X parce qu'elle etait moins chere en gros. Je suis revenu a la HP5 en moins d'un an. La Tri-X me semblait flatteuse. La HP5 me semblait dire la verite.
Cela dit, chacune de ces pellicules a une personnalite distincte, et comprendre ces personnalites vous aide a prendre de meilleures decisions en matiere d'emulation numerique. Voici les cinq pellicules qui comptent le plus, les revelateurs qui mettent en valeur leurs meilleures qualites, et comment j'aborderais chacune pour differents sujets.
Kodak Tri-X 400
Introduite en 1954, la Tri-X est devenue la pellicule par defaut du photojournalisme et de la photographie de rue pendant un demi-siecle. Les Americains de Frank ont ete photographies sur Tri-X. Tout comme les Gitans de Koudelka. Le travail de Don McCullin au Vietnam et en Irlande du Nord. La serie du pavillon 81 de Mary Ellen Mark. La couverture des territoires palestiniens par Larry Towell. La pellicule a une chaleur dans les tons moyens, une belle structure de grain qui ajoute de la texture sans masquer les details, et une latitude presque surnaturelle. Vous pouvez la surexposer de deux diaphragmes, la sous-exposer de trois, et obtenir malgre tout un negatif imprimable.
C'est cette latitude qui en a fait la pellicule du journaliste. Travaillant vite dans une lumiere imprevisible, on ne pouvait pas toujours mesurer soigneusement. La Tri-X pardonnait. Je me souviens d'avoir photographie une fete de quartier a Belleville en 1996, courant dans la foule avec le M6, devinant les expositions parce qu'il n'y avait pas le temps de mesurer. Je n'ai rien brackete. Chaque image de ce rouleau s'est imprimee. Pas chaque image etait bonne, mais chaque image etait imprimable. Essayez cela avec la T-Max 100 et vous jetterez la moitie du rouleau.
Poussee a 1600, elle devient brute et viscerale. Le grain s'ouvre, les tons moyens se compriment, et on obtient ce rendu granuleux et energique qui a defini la photographie de rue des annees 1970. A 800, elle trouve son point ideal pour le travail en lumiere disponible : assez de vitesse pour les interieurs sombres, un grain visible mais controle, et des ombres riches qui conservent du detail sans devenir boueuses.
Associations de revelateurs pour la Tri-X
D-76 (stock) est la combinaison classique. Grain equilibre, tonalite complete, aucune surprise. C'est la reference. Quand quelqu'un dit « le rendu Tri-X », il veut probablement dire Tri-X dans du D-76 a sensibilite nominale. Le grain est modere, la courbe tonale longue et lisse, et les resultats sont systematiquement imprimables. J'ai utilise cette combinaison pendant dix ans avant d'essayer autre chose.
HC-110 Dilution B donne des resultats legerement plus nets avec une touche de contraste supplementaire par rapport au D-76. Le grain est marginalement plus prononce mais la definition des bords est notablement meilleure. Je prefere le HC-110 pour le travail de rue quand je veux que les images claquent. C'est aussi plus economique car le HC-110 est un concentre liquide a longue duree de conservation, tandis que le D-76 est une poudre que l'on melange a chaque fois.
Rodinal a 1+50 pousse l'acutance et le grain en territoire visible et plein de caractere. Le developpement a bain mort dans du Rodinal (1+100, une heure, agitation minimale) produit de beaux effets compensateurs : les hautes lumieres se compriment tandis que les ombres s'ouvrent, domptant les gammes de contraste extremes. J'ai utilise cela pour des sujets architecturaux a fort contraste ou je voulais le grain comme texture visible. Les resultats sont nettement differents du D-76. Plus agressifs. Plus graphiques.
Diafine est l'arme secrete du tireur en pousse. Un revelateur a deux bains qui porte effectivement la Tri-X a EI 1200-1600 avec un grain remarquablement controle. Les resultats ne sont pas aussi propres que le Microphen mais le procede est d'une simplicite absolue : trois minutes dans le bain A, trois minutes dans le bain B, fixage, lavage, termine. J'ai garde un jeu de bains Diafine dans ma chambre noire près de Paris pendant des annees. Ils ont dure des mois.
Ilford HP5 Plus 400
La HP5 est legerement plus froide que la Tri-X, avec un grain marginalement plus fin a la meme sensibilite. Elle a ce que j'appellerais une retenue britannique : une neutralite froide, une precision presque clinique. La ou la Tri-X flatte, la HP5 rend compte. La courbe est un peu plus percutante, les tons moyens un peu plus riches. Les noirs sont plus profonds. Tenez un tirage Tri-X et un tirage HP5 cote a cote sous une loupe et vous le verrez : la Tri-X a une chaleur dans les amas de grain, une douceur. Le grain de la HP5 est plus serre, plus regulier, legerement mecanique dans le meilleur sens du terme.
J'ai photographie en HP5 pendant quatorze ans. C'etait la pellicule sur laquelle j'ai appris, la pellicule avec laquelle j'ai expose, et la pellicule vers laquelle je me tourne encore quand je charge un rouleau de 120 dans le Hasselblad. Le premier tirage que j'ai jamais vendu etait un negatif HP5 d'une cour interieure dans le Marais, a Paris, developpe dans l'ID-11. L'acheteur etait un collectionneur belge qui m'a demande quelle pellicule j'avais utilisee. Quand j'ai dit HP5, il a hoche la tete comme si j'avais donne la bonne reponse a un examen.
Associations de revelateurs pour la HP5
ID-11 (stock) est le partenaire naturel. L'ID-11 est la version Ilford du D-76, et il donne a la HP5 une gamme tonale complete et equilibree avec un grain legerement plus fin que la Tri-X dans le D-76. C'est ma combinaison standard. Je peux la developper les yeux fermes. Les negatifs se numerisent magnifiquement et s'impriment sur chaque grade de papier sans difficulte.
Microphen est le revelateur de pousse par excellence. La HP5 a 1600 dans le Microphen est stupefiant : le grain reste controle, le detail dans les ombres survit, et la gamme tonale se comprime gracieusement plutot que de s'effondrer. J'ai photographie un projet hivernal entier a Paris a EI 1600 dans le Microphen, travaillant dans des bars et des cafes ou la lumiere etait execrable. Les negatifs avaient une richesse a laquelle je ne me serais pas attendu pour une pousse de deux diaphragmes.
Perceptol va dans l'autre direction, donnant le grain le plus fin possible au prix d'environ un diaphragme de sensibilite effective. La HP5 dans le Perceptol a EI 200 produit des negatifs remarquablement fins en grain, avec une qualite tonale lisse, presque cremeuse. Je l'utilise quand je veux le caractere de la HP5 mais que je photographie en bonne lumiere et peux me permettre la perte de vitesse.
Le debat Tri-X contre HP5 n'a pas de resolution parce que le choix est temperamental, pas technique. Si vous preferez le jazz, photographiez en Tri-X. Si vous preferez la musique de chambre, photographiez en HP5. Les deux sont honnetes. La HP5 est juste un peu plus formelle a ce sujet.
Ilford Delta 400
La Delta 400 utilise la technologie cristalline Core-Shell d'Ilford, qui lui donne un grain plus fin que la HP5 a la meme sensibilite, avec une courbe tonale plus lisse. C'est une pellicule moderne qui a un rendu moderne : net, precis, avec une excellente definition des contours. Elle n'a pas le caractere de la HP5 ni la chaleur de la Tri-X. Ce qu'elle a, c'est la precision.
Pour le travail architectural ou tout sujet ou le grain doit disparaitre et les tons se separer nettement, la Delta 400 est le meilleur choix. Je suis passe a la Delta 400 pour un projet sur les ensembles de logements modernistes a Marne-la-Vallee en 2015. Le sujet exigeait de la precision. Les textures du beton devaient etre rendues sans que le grain n'interfere, et les lignes geometriques avaient besoin d'une definition des bords nette. La HP5 aurait ajoute du caractere dont je ne voulais pas. La Delta 400 s'est effacee pour me montrer le batiment.
Associations de revelateurs pour la Delta 400
Xtol (1+1) delivre le grain le plus fin possible de cette emulsion. Dans le Xtol, la Delta 400 a un grain remarquablement fin pour une pellicule a 400 ISO, approchant le rendu d'une emulsion a grain conventionnel de 100 ISO. Si je photographie en Delta 400, je la developpe dans le Xtol. La combinaison est si nette que les agrandissements a 50x60 cm depuis le 35 mm ne montrent pratiquement aucune structure de grain visible.
DD-X est le revelateur apparie d'Ilford, concu specifiquement pour la gamme Delta. Il donne une acutance legerement superieure au Xtol avec un leger cout en grain. Je l'utilise quand je veux un peu plus de mordant dans l'image. Bon pour les jours couverts quand la lumiere est plate et que j'ai besoin que les negatifs aient du piquant.
Rodinal est un choix inhabituel pour la Delta 400 mais je l'ai utilise pour l'effet. Le revelateur a haute acutance interagit etrangement avec les cristaux tabulaires, produisant un rendu net et granuleux d'une maniere qui ne ressemble tout a fait a aucune emulsion traditionnelle. Un gout acquis. J'en ai tire quelques-uns lors d'une exposition a Bratislava et la moitie des visiteurs se sont trompes de pellicule.
Kodak T-Max 100
La ou la Tri-X est du jazz, la T-Max 100 est un quatuor a cordes. La technologie T-grain de Kodak (introduite en 1986) utilise des cristaux tabulaires plats et uniformes qui captent plus de lumiere par unite d'argent, produisant un grain extraordinairement fin avec une nettete chirurgicale. Ansel Adams est passe a la T-Max vers la fin de sa vie et l'a louee comme la pellicule au grain le plus fin qu'il ait jamais utilisee. La tonalite est longue et lisse, le grain pratiquement invisible en moyen format.
La T-Max 100 recompense l'exposition soignee et punit la negligence. La latitude est plus etroite que la Tri-X, peut-etre un diaphragme et demi dans chaque direction avant que les choses ne deviennent laides. Surexposez et les hautes lumieres se bouchent vite. Sous-exposez et les ombres deviennent maigres et granuleuses, perdant l'avantage du grain fin qui est tout l'interet. Je mesure la T-Max 100 avec un posemetre a main Sekonic et je brackette les images importantes. On ne peut pas etre decontracte avec cette pellicule.
J'ai utilise la T-Max 100 dans un Mamiya RB67 pour un projet de paysage dans les Alpes en 2003. La combinaison du format de negatif 6x7 et du grain fin de la T-Max m'a donne des negatifs qui pouvaient s'agrandir a l'echelle murale sans aucune structure de grain visible. Tires a 100x120 cm sur Ilford Multigrade FB, ces tirages avaient une douceur tonale qui me surprend encore quand je les regarde. Les transitions de Zone VI a Zone VIII dans les formations nuageuses etaient sans couture.
Associations de revelateurs pour la T-Max 100
Xtol (stock ou 1+1) est la combinaison de reference pour le grain le plus fin possible en absolu. La formule a l'acide ascorbique du Xtol fonctionne particulierement bien avec les emulsions T-grain, produisant des resultats qui sont sans doute le grain le plus fin possible de toute pellicule aux halogenures d'argent. C'est la combinaison pour les grands tirages, pour le travail ou le spectateur sera proche, pour tout ce qui exige la perfection technique.
D-76 (1+1) donne un leger gain d'acutance par rapport au Xtol, avec un leger cout en grain. Je l'utilise quand je veux la tonalite de la T-Max mais avec un peu plus de nettete de contour pour des sujets comme l'ecorce d'arbre ou la texture de la pierre.
T-Max Developer (TMX) est le revelateur apparie de Kodak. Grain legerement plus fin que le D-76, acutance legerement inferieure au Xtol. Un juste milieu qui fonctionne bien quand on veut de la constance sans chercher a optimiser. J'ai utilise le TMX pendant des annees avant de passer au Xtol, et les resultats etaient toujours fiables.
Fuji Neopan 400
La troisieme option sous-estimee dans la course des 400 ISO. La Neopan 400 avait un caractere distinct de la Tri-X comme de la HP5 : plus nette, avec le micro-contraste caracteristique de Fuji qui creait un sens de la profondeur presque tridimensionnel. Le grain etait serre et discipline, la gamme tonale genereuse. Quand on regardait un tirage de Neopan 400, on avait l'impression de pouvoir y plonger la main. La separation des tons moyens etait exceptionnelle.
J'ai utilise la Neopan 400 pendant environ deux ans, de 2004 a 2006, quand un ami a Barcelone me l'a fait decouvrir. C'etait un photographe de rue qui avait abandonne la Tri-X pour la Neopan et n'arretait pas d'en parler. J'ai essaye une brique, developpee dans le D-76, et j'ai immediatement compris. La tonalite etait differente de la Tri-X comme de la HP5. Plus froide que la Tri-X mais moins clinique que la HP5. Le micro-contraste faisait toute la difference. Les details avaient un impact, une definition des contours qu'aucune des deux autres pellicules a 400 ISO n'egalait tout a fait.
La Neopan 400 a ete arretee en 2014, ce qui est une perte veritable pour la photographie. On trouve encore du stock perime sur eBay a des prix ridicules, mais la Neopan perimee a tendance a voiler dans les ombres. J'ai achete une derniere brique dans un magasin a Tokyo en 2013, je l'ai photographiee au cours de l'annee suivante, et j'ai garde les boitiers vides dans un tiroir comme des reliques.
Neopan 100 Acros, sa soeur plus lente (arretee en 2018, reintroduite sous le nom d'Acros II en 2019), est largement consideree comme la meilleure pellicule N&B a 100 ISO jamais fabriquee. Une emulsion lumineuse, argentee, avec un leger biais froid et un grain si fin qu'il disparait en moyen format. L'Acros a aussi des caracteristiques de reciprocite exceptionnelles, ce qui en fait la meilleure pellicule N&B pour les longues expositions. La ou les autres pellicules necessitent une compensation significative au-dela de quelques secondes, l'Acros conserve remarquablement sa sensibilite jusqu'a deux minutes. Les photographes nocturnes l'adorent pour cette raison. Je l'ai photographiee a Kampa a minuit, des expositions de quatre minutes du pont Charles, et la qualite tonale etait immaculee.
La variable du revelateur
La meme pellicule dans differents revelateurs produit des resultats radicalement differents. C'est la dimension cachee de la photographie argentique qui se perd dans les debats « quelle est la meilleure pellicule ». La pellicule est la moitie de l'equation. Le revelateur est l'autre moitie. J'ai vu de la Tri-X dans du Rodinal qui ne ressemblait en rien a de la Tri-X dans du D-76. Meme pellicule, meme exposition, meme scene, revelateur different, caractere d'image completement different.
D-76 / ID-11 est le standard : grain equilibre, tonalite complete, pas de surprises. Si vous testez une nouvelle pellicule, commencez par la. C'est le temoin dans l'experience. Tous les autres revelateurs sont une variation par rapport a cette reference.
Rodinal a haute dilution (1+50 ou 1+100 pour le developpement a bain mort) pousse le grain et l'acutance fortement, produisant des images avec une texture visible et un fort contraste de bord. Le Rodinal est fabrique depuis 1891 et la formule n'a pas change. C'est un revelateur a usage unique, ce qui signifie qu'on le melange frais a chaque fois et qu'on le jette apres utilisation. La technique de developpement a bain mort (remplir la cuve, agiter doucement pendant 30 secondes, laisser tranquille pendant une heure) produit un effet compensateur qui dompte les contrastes extremes. J'utilise le developpement a bain mort dans le Rodinal pour les situations d'eclairage delicates ou le contraste de la scene depasse la plage confortable de la pellicule.
Xtol donne le grain le plus fin possible avec un leger gain de sensibilite, environ un tiers de diaphragme. La derniere grande innovation de Kodak en matiere de revelateur. C'est une formule a l'acide ascorbique/phenidone qui est particulierement bonne avec les emulsions T-grain et Core-Shell. L'inconvenient : il a la reputation de mourir subitement sans avertissement. Le melanger frais, l'utiliser dans les quelques mois, et le tester avant d'engager des negatifs importants.
Revelateurs pyro (PMK Pyro, Pyrocat-HD) produisent des negatifs teintes avec un detail extraordinaire dans les hautes lumieres et un effet compensateur qui dompte les contrastes extremes. La teinture agit comme un masque proportionnel qui augmente le contraste d'impression dans les zones d'ombres fines tout en restraignant les hautes lumieres denses. J'ai utilise le Pyrocat-HD avec la HP5 pour le travail de paysage ou la dynamique depassait sept ou huit diaphragmes. Les resultats etaient remarquables : des negatifs qui s'imprimaient sur papier grade 2 malgre une exposition dans des conditions qui auraient normalement necessite un grade 0 ou un masquage important.
Duree de conservation des revelateurs : D-76 (solution de travail) : 1-2 mois dans un flacon plein et scelle. HC-110 (concentre) : 2 ans et plus. Rodinal (concentre) : pratiquement indefinie, certains affirment des decennies. Xtol (solution de travail) : 2-3 mois, mais tester frequemment car il peut faillir sans signes visibles. Pyrocat-HD (solutions stock) : 6-12 mois conservees separement dans des flacons en verre brun.
Choisir une pellicule selon le sujet
Le choix de la pellicule est en partie rationnel, en partie intuitif. Voici comment je pense l'association pellicule-sujet, sur la base de trente ans de ces decisions.
Photographie de rue et photojournalisme : Tri-X a 400 ou poussee a 800 dans le D-76 ou le HC-110. La latitude pardonne la mesure approximative, le grain ajoute de l'energie, et les tons moyens chauds flattent les sujets humains. Frank, Winogrand et Meyerowitz l'ont tous choisie pour ces raisons. Si vous preferez un rendu plus froid et plus serre, la HP5 dans l'ID-11 est l'alternative. J'alternais entre les deux selon mon humeur et la ville. Tri-X pour Belleville. HP5 pour Saint-Cloud.
Paysage : T-Max 100 ou Acros en moyen ou grand format, developpee dans le Xtol. On veut le grain le plus fin et la gamme tonale la plus longue pour les sujets ou le spectateur se tiendra pres d'un grand tirage. Pour les paysages orageux et dramatiques ou le grain fait partie de l'atmosphere, la HP5 ou la Tri-X a sensibilite nominale dans un boitier 35 mm fonctionne bien. Certaines de mes images de paysage preferees ont ete prises en HP5 dans un Leica, pas en T-Max dans un 4x5.
Portrait : HP5 dans l'ID-11 a sensibilite nominale pour un rendu neutre et honnete. Tri-X pour quelque chose de plus chaud et flatteur. Delta 400 si vous voulez que le visage soit net et le grain invisible. Pour les portraits en studio avec eclairage controle, la T-Max 100 en moyen format offre une resolution de texture de peau que les appareils numeriques peinent a egaler a des tailles d'agrandissement equivalentes.
Architecture : Delta 400 dans le Xtol pour les batiments modernes ou les lignes nettes et le grain fin comptent. T-Max 100 pour tout ce que vous allez tirer en grand. Pour l'architecture industrielle ou les ruines ou vous voulez du grain et de la texture, la Tri-X dans le Rodinal a 1+50 est magnifique. Le grain devient poussiere de beton.
Nuit et basse lumiere : HP5 poussee a 1600 dans le Microphen. Ou Tri-X poussee a 1600 dans le Diafine. Delta 3200 si vous avez besoin de vitesse reelle, mais acceptez que le grain sera prononce. Pour les longues expositions sur trepied, l'Acros II conserve ses caracteristiques de reciprocite mieux que toute pellicule concurrente.
Choisissez une pellicule et un revelateur. Restez-y pendant un an. Apprenez ce que cette combinaison fait dans chaque lumiere, a chaque exposition. Ensuite, et seulement alors, changez une variable. Comme Josef Koudelka l'a dit, "What matters most to me is to take photographs; to continue taking them and not to repeat myself. To go further, to go as far as I can." Le meme principe s'applique au choix des pellicules et des revelateurs. On apprend par la repetition, pas par l'echantillonnage.